Algorithmes sous surveillance : La COBAC fixe le cap de l’IA et du paiement digital à Malabo

Rassemblée en Guinée équatoriale pour sa 15ᵉ concertation annuelle, la régulation bancaire de la CEMAC avertit : la transformation numérique du secteur ne se fera ni au détriment de l’explicabilité, ni au risque du trou noir algorithmique.
Par Ahmat MAHAMAT AHMAT
Malabo, 25 septembre 2026 — Face aux transformations technologiques accélérées qui redessinent le paysage financier de l’Afrique centrale, le régulateur sort du silence. À l’occasion de la 15ᵉ réunion annuelle de concertation entre la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) et les dirigeants des établissements de crédit, présidée par le Gouverneur de la BEAC Yvon Sana Bangui, les défis majeurs posés par l’Intelligence Artificielle (IA) et la numérisation des paiements ont été placés au centre des débats.
Le principe de la « boîte noire » définitivement rejeté
Alors que les établissements bancaires de la zone CEMAC déploient à rythme soutenu des solutions automatisées d’octroi de crédit, de scoring et de détection de la fraude, la COBAC formule une mise en garde explicite. L’automatisation du traitement des données ne saurait exonérer les établissements de leur devoir de transparence envers le consommateur et le superviseur.
Selon les orientations discutées lors de la rencontre de Malabo, la justification fondée sur un arbitrage opaque de type « l’algorithme a décidé » est désormais irrecevable. Chaque établissement devra être en mesure de fournir la traçabilité des modèles décisionnels, l’origine des données ayant alimenté les algorithmes d’apprentissage, ainsi que les règles explicatives d’un refus de financement ou d’une tarification sur-mesure.
Cybersécurité et flux alternatifs : L’autre front opérationnel
Outre l’IA générative et le scoring prédictif, les échanges ont porté sur la sécurisation des rails de paiement, la résilience opérationnelle des banques et la surveillance accrue des flux transitant par les agrégateurs et le mobile money. En présence, pour la première fois, des Présidents de Conseils d’Administration et des responsables de comités spécialisés, la COBAC a martelé que la gouvernance technologique relève du plus haut niveau de responsabilité de l’entreprise.
Si aucune circulaire contraignante n’a été promulguée le 25 septembre, ce forum marque l’ouverture officielle d’un chantier d’encadrement prudentiel de la FinTech et de l’IA en Afrique centrale. L’objectif affiché consiste à instaurer un cadre d’innovation responsable, à même de protéger l’intégrité des données financières tout en accompagnant l’inclusion digitale régionale.
- Innocent MBADOUMA

Amhat MAHAMAT AMHAT
- Amhat MAHAMAT AMHAT
