Taxe sur les transactions électroniques de 2025 annulée : le député Luck ONDIAS SOUNA s’explique Par le Journal JADE
La taxe supplémentaire sur les transactions financières électroniques, prévue dans la loi de finances 2025, ne verra finalement pas le jour. Initialement proposée par le ministère de l’Économie et des Participations, cette mesure a été rejetée par les députés de la Transition. Pour mieux comprendre les motivations de cette décision et ses implications pour l’économie numérique, JADE s’est entretenu avec Luck ONDIAS SOUNA, député de la Transition et fin connaisseur des politiques publiques numériques.
Une taxe jugée pénalisante pour les usages numériques
Prévue pour entrer en vigueur dès janvier 2025, la taxe sur les transactions électroniques visait à instaurer un prélèvement supplémentaire sur les opérations financières numériques, notamment celles effectuées via le mobile money. Une initiative qui a rapidement suscité de vives inquiétudes au sein de la représentation nationale.
Selon le député Luck ONDIAS SOUNA, cette mesure ne tenait pas suffisamment compte de la dépendance croissante des populations gabonaises aux paiements électroniques, devenus un outil central de la vie économique quotidienne.
« Aujourd’hui, le mobile money est indispensable aussi bien pour les particuliers que pour de nombreux opérateurs économiques. Toute nouvelle taxe sur ces transactions aurait un impact direct sur les citoyens », explique-t-il.
Mobile money : un levier économique déjà fortement taxé
Le député rappelle qu’à ce jour, plusieurs prélèvements existent déjà sur les transactions électroniques. Parmi eux, une taxe de 0,5 % appliquée par l’ARCEP sur les opérations de mobile money.
À titre d’exemple, un retrait de 10 000 FCFA entraîne déjà environ 300 FCFA de frais, assimilables à une taxe. À cela s’ajoutent d’autres coûts, notamment les frais bancaires appliqués lors des retraits aux guichets automatiques, qui peuvent varier entre 2 000 et 2 500 FCFA.
« Ces différents prélèvements augmentent sensiblement le coût des services financiers pour les citoyens. Ajouter une nouvelle taxe aurait aggravé cette pression », souligne-t-il.
Protéger le pouvoir d’achat des Gabonais
En tant qu’élu de la Transition, Luck ONDIAS SOUNA estime qu’il était essentiel de prioriser la protection du pouvoir d’achat, déjà fragilisé par le contexte économique.
« Il est de notre devoir d’interroger la pertinence d’une imposition supplémentaire qui risquerait de surcharger financièrement les usagers des transactions électroniques », affirme-t-il.
Après analyse de la proposition, les députés de la Transition ont donc décidé de ne pas l’adopter à l’Assemblée nationale, malgré le besoin reconnu de l’État de mobiliser de nouvelles ressources financières.
Vers des solutions alternatives plus équilibrées
Le député indique par ailleurs que les parlementaires ont invité les autorités compétentes à réexaminer cette proposition, afin d’identifier des mécanismes plus équilibrés.
« Le développement économique est une nécessité, mais il doit se faire sans alourdir le fardeau fiscal des Gabonais », précise-t-il.
Cette position s’inscrit dans une volonté de favoriser l’inclusion financière, la digitalisation des paiements et l’essor de l’économie numérique, sans freiner l’adoption des outils digitaux par des coûts excessifs.
Un engagement constant pour le numérique et l’entrepreneuriat
Avant son entrée à l’Assemblée nationale de la Transition, Luck ONDIAS SOUNA s’est illustré comme expert du numérique, du marketing et de la transformation digitale. Il est notamment fondateur de la Digital Business School, une institution dédiée à la formation des jeunes Gabonais aux métiers du web, de la cybersécurité, du design numérique et du marketing digital.
En tant que député, il affirme vouloir continuer à porter les enjeux du numérique, de l’innovation et de l’entrepreneuriat digital au cœur des politiques publiques.
Une décision aux enjeux structurants
L’annulation de la taxe sur les transactions électroniques illustre les arbitrages délicats entre impératifs budgétaires et protection des usages numériques. À l’heure où le mobile money et les paiements digitaux jouent un rôle clé dans l’économie gabonaise, cette décision pourrait contribuer à préserver la dynamique de digitalisation du pays.
👉 JADE continuera de suivre l’évolution des politiques publiques liées à la fiscalité numérique et à l’économie digitale.