Réseaux sociaux en CEMAC : Facebook règne, LinkedIn s’impose dans les capitales économiques

Par l’Observatoire du Numérique en Afrique Centrale (JADE ONAF) – Dans la bataille des réseaux sociaux, la CEMAC a déjà rendu son verdict. Sur les 22 millions d’internautes que compte la sous-région, plus de huit sur dix ont un compte Facebook — un niveau de domination qui n’a, à ce jour, aucun équivalent sur aucune autre plateforme. JADE ONAF a compilé les volumes d’utilisateurs pays par pays pour dresser le classement complet des réseaux sociaux en Afrique centrale, et en tirer les grandes tendances qui structurent aujourd’hui l’espace social numérique de la région.
Facebook, infrastructure sociale universelle
Le chiffre mérite d’être posé sans détour : avec environ 8,15 millions d’utilisateurs actifs, Facebook capte à lui seul 36,7 % de l’ensemble des internautes de la CEMAC — et plus de 86 % de toutes les identités sociales actives de la sous-région, tous réseaux confondus. Aucune autre plateforme n’approche ce niveau d’adoption. Loin derrière, LinkedIn se hisse en deuxième position avec 2,05 millions de membres (9,2 % des internautes), suivi de Messenger (1,7 million, 7,7 %) et d’Instagram (1,25 million, 5,6 %). X, l’ex-Twitter, ferme la marche avec environ 350 000 utilisateurs, soit à peine 1,6 % des internautes de la zone.
| Rang | Plateforme | Utilisateurs CEMAC | Part des internautes |
|---|---|---|---|
| 1 | ~8,15 millions | 36,7 % | |
| 2 | ~2,05 millions | 9,2 % | |
| 3 | Messenger | ~1,70 million | 7,7 % |
| 4 | ~1,25 million | 5,6 % | |
| 5 | X (Twitter) | ~350 000 | 1,6 % |
Source ! JADE ONAF, 30 août 2026. NB : Les pourcentages indiqués représentent la part d’internautes utilisateurs de chaque plateforme au sein de la population connectée de la CEMAC. La somme des parts ne totalise pas 100 % en raison du cumul d’usages (un même internaute peut posséder à la fois un compte Facebook, LinkedIn et Instagram) et du fait qu’une partie des internautes n’utilise aucun de ces réseaux sociaux.
Ce classement, sans surprise à l’échelle du continent africain, confirme que l’écosystème Meta — Facebook, Messenger et Instagram réunis — verrouille à lui seul la quasi-totalité de l’espace social numérique centrafricain.
Le Cameroun, poids lourd incontesté du classement
Comme pour la connectivité générale, le Cameroun domine très largement le paysage des réseaux sociaux en volume. Le pays revendique à lui seul 4,5 millions de comptes Facebook, 1,2 million de membres LinkedIn, 1,05 million d’utilisateurs Messenger et 720 000 comptes Instagram. Le Cameroun est également l’un des rares marchés de la sous-région où X conserve une audience significative, avec 240 000 utilisateurs — soit plus des deux tiers de l’audience X de toute la CEMAC.
Derrière ce leader écrasant, le Tchad et le Congo se partagent une deuxième place surprenante : les deux pays affichent, à quelques milliers près, le même volume d’utilisateurs Facebook — environ 1,2 million chacun — malgré des profils démographiques et économiques très différents. Le Congo se distingue toutefois par une audience LinkedIn plus dense (320 000 membres, contre environ 110 000 au Tchad), reflet d’un tissu économique urbain plus développé à Brazzaville et Pointe-Noire.
Le Gabon, de son côté, confirme sa réputation de marché mature malgré une population réduite : 850 000 comptes Facebook, 310 000 membres LinkedIn et 163 000 comptes Instagram, auxquels s’ajoutent 29 700 utilisateurs sur X — un score modeste en absolu, mais qui place tout de même Libreville parmi les rares capitales de la zone où la plateforme conserve une existence réelle.
La République Centrafricaine et la Guinée Équatoriale ferment la marche en volume, avec respectivement 230 000 et 169 000 comptes Facebook. La Guinée Équatoriale se distingue néanmoins par une audience Instagram proportionnellement solide (69 100 utilisateurs), quand la RCA reste, tous réseaux confondus, le marché social le plus restreint de la sous-région.
LinkedIn, le baromètre des capitales économiques
Si Facebook capte le grand public, LinkedIn dessine une tout autre carte : celle des centres économiques de la sous-région. La plateforme professionnelle progresse presque exclusivement là où se concentrent les sièges d’entreprises, les administrations et les organisations internationales — Douala et Yaoundé au Cameroun, Libreville au Gabon, Brazzaville au Congo, Malabo et Bata en Guinée Équatoriale. Avec 2,05 millions de membres sur l’ensemble de la zone, LinkedIn reste loin derrière Facebook en volume, mais s’impose déjà comme le canal de référence pour toute communication destinée aux cadres, aux décideurs et aux professionnels de la sous-région.
Une hiérarchie appelée à durer

À court terme, rien n’indique que cette hiérarchie soit près de changer. L’avance de Facebook est telle — plus de quatre fois le volume cumulé de tous ses concurrents réunis — qu’aucune plateforme ne semble en mesure de la contester dans un avenir proche. La vraie bataille se joue plutôt en deuxième ligne, entre Messenger, Instagram et LinkedIn, pour capter les usages spécifiques que Facebook ne couvre qu’imparfaitement : la messagerie privée, l’image et le lifestyle, ou le réseautage professionnel.
Cette cartographie des usages sociaux pose surtout les bases d’une seconde lecture, plus stratégique : celle des annonceurs, qui doivent désormais composer avec cette hiérarchie pour construire leurs campagnes publicitaires dans la sous-région — le sujet de notre prochaine analyse.
À propos de JADE ONAF

L’Observatoire du Numérique en Afrique Centrale (JADE ONAF) est la cellule d’analyse et de veille du groupe JADE Hôtel Média. Il produit des décryptages réguliers sur les usages numériques, les audiences digitales et les dynamiques économiques du secteur en zone CEMAC, à destination des décideurs, des annonceurs et du grand public.
Méthodologie : les volumes d’utilisateurs présentés sont issus des données publiées par les plateformes elles-mêmes et de leurs outils de gestion de campagnes, recoupées à l’échelle nationale et sous-régionale.
