Souveraineté numérique : data center, ANINF et 82 milliards en 2026
Libreville, le 24 juin 2026 — Le Gabon a alloué 82 milliards de FCFA à l’économie digitale dans son budget 2026. Le 30 juin, le premier data center national sera inauguré à Nkok. Cette infrastructure, la première du genre en Afrique centrale, permettra l’hébergement local d’applications et de plateformes numériques, réduisant ainsi la dépendance du pays vis-à-vis des serveurs étrangers. Au-delà de la souveraineté, les autorités espèrent faire de ce centre un levier de compétitivité et de développement durable.
Parallèlement, l’Agence Nationale des Infrastructures Numériques (ANINF) amorce un maillage territorial jusqu’ici absent. Après quinze ans d’une présence concentrée sur Libreville, l’agence a ouvert un bureau à Franceville, dans la province du Haut-Ogooué. Une antenne est également prévue à Oyem, dans le Woleu-Ntem. « Elle doit concerner l’ensemble du territoire national, et notre responsabilité est d’y répondre avec sérieux », a déclaré le directeur général de l’ANINF, Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki. Ces bureaux provinciaux fourniront un appui technique aux institutions publiques et accompagneront les administrations dans l’utilisation des infrastructures numériques de l’État.
Le gouvernement multiplie les partenariats pour renforcer son arsenal technologique. Un protocole d’accord a été signé avec PreSight pour le développement d’une plateforme de messagerie gouvernementale sécurisée, d’un système de paiements digitaux performant, ainsi que d’une plateforme PKI Commercial. L’accord prévoit également l’extension du Réseau d’Administration du Gabon (RAG) et — objectif hautement symbolique — le rapatriement du domaine .ga. En décembre 2025, le Gabon avait déjà scellé un partenariat avec le géant chinois Huawei, autour de trois axes : la mise en place d’un comité de projet conjoint, l’intégration des start-ups locales, et le transfert de compétences pour garantir la montée en expertise nationale. « À partir de 2026, ces projets ont vocation à servir de leviers pour les initiatives portées par les start-ups gabonaises », a déclaré le ministre Mark-Alexandre Doumba.
Ces efforts portent leurs fruits.

Le Gabon seclasse 121ᵉ mondial sur 193 à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies, avec un score de 0,5741 sur 1 — bien au-dessus des moyennes d’Afrique centrale (0,3354) et d’Afrique (0,4247). Le pays se distingue particulièrement dans l’indicateur des infrastructures télécoms, avec un score de 0,8263.
- Rédaction Journal JADE
