L’inclusion par la technologie
L’écosystème des startups financières sud-africaines est en pleine effervescence. La fintech Omnisient a été inscrite par Bloomberg dans sa liste « African Startups to Watch » pour 2026. Sa particularité ? Utiliser des données comportementales alternatives – comme les habitudes d’achat en supermarché – pour évaluer la solvabilité des exclus des circuits financiers traditionnels.
Les résultats sont spectaculaires : un pilote mené en Afrique du Sud a évalué plus de 8 millions de consommateurs auparavant inévaluables, dont 3,2 millions ont pu accéder à un crédit. Les modèles ont amélioré la capacité à prédire le remboursement des prêts de 41 %, et une banque participante a projeté une hausse de 29 % de ses revenus liés au crédit.
Autre acteur de poids : Yoco, qui dessert plus de 200 000 commerçants sud-africains, mise désormais sur l’IA. La plateforme d’achat différé Happy Pay (basée au Cap) a levé 5 millions de dollars (3 milliards FCFA) en seed funding, mené par Partech, et compte plus de 600 000 utilisateurs enregistrés. Enfin, Littlefish a bouclé une série A de 9,5 millions de dollars (5,7 milliards FCFA) pour étendre son infrastructure fintech à plus de dix marchés africains.
La Zambie illustre la vitalité du secteur : l’écosystème de l’argent mobile est devenu un moteur majeur de l’inclusion financière, avec plus de 486 milliards de kwachas (environ 11 600 milliards FCFA) de transactions traités en 2024 sur 2,9 milliards d’opérations, soutenues par 12,9 millions de comptes mobiles actifs. Le secteur des TIC y a enregistré un taux de croissance moyen de plus de 16 % entre 2021 et 2024. L’Afrique australe s’impose comme un laboratoire d’innovation où la technologie – et l’IA en particulier – devient le vecteur d’une inclusion jusqu’alors impossible.
