Start-ups et innovation : le Gabon mise sur un hub technologique
Libreville, le 24 juin 2026 — Le numérique n’est plus une simple option pour le Gabon : c’est désormais un pilier stratégique de son développement. Avec un budget 2026 en hausse de 156,2 % par rapport à 2025, le gouvernement met les moyens pour faire émerger un écosystème entrepreneurial dynamique et faire de Libreville une place forte de l’innovation en Afrique centrale.
Lors du conseil des ministres du 23 mai 2026, une décision majeure a été prise : la présentation d’un projet de décret destiné à doter les start-up d’un cadre réglementaire spécifique. Ce dispositif vise à faciliter leur création, leur développement et leur rayonnement à l’international, tout en accélérant la transformation digitale des entreprises existantes. Parallèlement, un décret portant création de la Direction générale des technologies émergentes (DGTE) a été présenté. Cette nouvelle entité aura pour mission de concevoir et de mettre en œuvre les politiques publiques liées à la digitalisation, à l’innovation technologique et à l’usage responsable de l’intelligence artificielle. Elle s’appuiera sur des directions centrales et des services déconcentrés déployés dans les provinces.
Lancée en novembre 2025, la plateforme KIMBA illustre cette volonté de connecter l’offre et la demande. Les grandes entreprises peuvent y exprimer leurs besoins en solutions numériques, tandis que les start-up locales peuvent leur proposer des outils, logiciels et autres services. Un dispositif qui favorise l’émergence d’un marché intérieur dynamique et souverain.
Les 18 et 19 juin 2026, Libreville a accueilli le side event « L’Innovation en Mouvement : Le Rendez-vous Tech & Digital », organisé par AG Partners en partenariat avec la Société d’Incubation Numérique du Gabon (SING SA), dans le cadre de Vivatech Gabon 2026. Pendant deux jours, acteurs du numérique, entrepreneurs et experts se sont réunis autour des grandes tendances technologiques. La première journée a été consacrée à la découverte et à la pratique, avec des expositions de solutions tech et des ateliers dédiés à la création et à la sécurisation d’agents d’intelligence artificielle. La seconde journée a abordé des thématiques majeures : marketing digital à l’ère de l’IA, réglementation des réseaux sociaux, formation des talents et innovation dans le secteur de la santé.
Du 15 au 18 juin 2026, Libreville a également accueilli les Journées de l’Intelligence Artificielle (JIA 2026), réunissant décideurs politiques, experts internationaux et investisseurs. Le programme comprenait des panels thématiques, des ateliers techniques et des sessions de dialogue sur la gouvernance de l’IA, la modernisation des services publics, la cybersécurité et l’application de l’IA dans les secteurs stratégiques de la santé, de l’éducation et de l’agriculture.
Le Gabon dispose déjà d’un incubateur 100 % digital, SING SA, qui propose des programmes de formation et d’accompagnement sur mesure. Avec les nouvelles mesures réglementaires et l’afflux d’investissements, l’écosystème entrepreneurial gabonais semble enfin entrer dans une phase de maturation. « Cette hausse traduit la volonté du gouvernement d’accélérer la transformation numérique du pays, à travers le renforcement de l’écosystème entrepreneurial numérique, le déploiement des infrastructures digitales et la promotion d’une véritable acculturation au numérique sur l’ensemble du territoire », indiquait un communiqué du ministère en octobre 2025.
- Lina Martina ADIA
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