Social Selling : un potentiel économique et financier à encadrer
Par le Journal JADE
Au Gabon, le paysage commercial connaît une mutation profonde, portée par l’essor fulgurant des réseaux sociaux tels que Facebook, WhatsApp et TikTok. Ce phénomène, communément désigné sous le terme de social selling, représente aujourd’hui une opportunité économique majeure, capable de stimuler l’entrepreneuriat et de dynamiser l’économie nationale.
Une dynamique continentale en forte croissance
À l’échelle africaine, les indicateurs confirment l’ampleur du phénomène. Selon une étude publiée par Statista, le nombre de consommateurs en ligne sur le continent pourrait dépasser le demi-milliard d’ici 2025. Le revenu annuel généré par le secteur enregistrerait une croissance cumulée proche de 500 % en l’espace de sept ans.
Toujours selon Statista, seuls 138,9 millions d’Africains avaient effectué des achats en ligne en 2017. Ce chiffre devrait atteindre 519,8 millions en 2024, soit un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 17,9 %. Le taux de pénétration du commerce électronique au sein de la population africaine est ainsi estimé à 40 % en 2024.
Un marché dynamique, mais largement informel
Au Gabon, cette dynamique s’exprime à travers une multitude de vendeurs opérant sur les réseaux sociaux. Vêtements, véhicules d’occasion, accessoires de mode, produits électroniques ou formations en ligne : les transactions sont variées et en constante augmentation.
Cependant, une grande partie de ces activités évolue en dehors de tout cadre structuré. Si certains importateurs, notamment ceux opérant avec la Chine, sont soumis à des obligations réglementaires, la majorité des acteurs locaux — achetant auprès de grossistes pour revendre au détail — opèrent dans une zone grise, sans immatriculation formelle ni contribution fiscale.
Cette situation prive l’État de recettes fiscales importantes et empêche une réelle professionnalisation des très petites entreprises (TPE) issues du social selling.
Encadrer pour valoriser : un enjeu de politique publique
Pour exploiter pleinement le potentiel du social selling, il apparaît indispensable que les pouvoirs publics mettent en place des mécanismes d’encadrement adaptés. La facilitation de l’enregistrement des TPE, l’allègement des démarches administratives et la mise en place de régimes fiscaux progressifs pourraient constituer des leviers efficaces.
Une telle régularisation permettrait :
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d’élargir l’assiette fiscale de l’État ;
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d’augmenter la contribution du secteur au PIB national ;
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de réduire le chômage ;
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de faire émerger de jeunes champions gabonais de la vente en ligne.
Vers une structuration de l’économie numérique informelle
Le social selling ne doit plus être perçu comme une activité marginale ou informelle, mais comme un véritable moteur de transformation économique. En dotant les entrepreneurs locaux d’un cadre clair, incitatif et protecteur, le Gabon pourrait créer un cycle vertueux d’innovation, de croissance et de création de valeur.
L’enjeu est désormais clair : structurer sans étouffer, encadrer sans freiner l’initiative. À cette condition, le social selling pourrait devenir l’un des piliers de l’économie numérique gabonaise.
👉 JADE continuera de suivre les évolutions liées à l’encadrement du commerce digital et de l’entrepreneuriat en ligne au Gabon.
