CEMAC : un marché hétérogène aux défis structurels
Si le Gabon fait figure de leader numérique en Afrique centrale, la sous-région dans son ensemble présente une réalité contrastée, où le potentiel de croissance se heurte encore à des obstacles logistiques et financiers majeurs.
Une connectivité inégale
Dans la zone CEMAC – qui regroupe le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, le Tchad et le Congo – le taux de pénétration d’Internet varie considérablement. La République centrafricaine, par exemple, affichait encore un taux de 14 % en 2023, avant d’atteindre 30 % grâce aux efforts d’interconnexion régionale. La moyenne régionale reste bien inférieure à celle du Gabon, qui affiche 71,9 %. Le nombre d’utilisateurs d’Internet mobile est quant à lui estimé à 52 millions en 2020, avec une prévision de 86 millions en 2025, soit 36 % de la population de la sous-région.
Un commerce électronique encore embryonnaire
Sur les 180 millions d’habitants que compte l’Afrique centrale, un seul sur vingt achète en ligne. À titre de comparaison, 165 millions d’Africains dans leur ensemble sont des acheteurs en ligne. Ce décalage traduit les difficultés structurelles qui freinent l’essor du e-commerce dans la sous-région : faiblesse des infrastructures numériques, accès inégal à Internet, disparités réglementaires et capacités institutionnelles limitées.

Malgré ces obstacles, le social selling offre une réponse adaptée aux réalités locales. En s’appuyant sur des plateformes déjà intégrées dans le quotidien des populations – WhatsApp, Facebook, Instagram – il permet de contourner les barrières de l’e-commerce traditionnel. La CEEAC, consciente de ce potentiel, a validé en septembre 2025 un avant-projet de politique régionale inclusive pour développer le commerce électronique en Afrique centrale, avec le soutien de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique. Un projet de plan d’action couvrant la période 2025-2030 est également en cours d’élaboration. L’essor du mobile money et des innovations fintech contribue également à lever les freins aux transactions numériques.

Danielle U. NDEKADINON DI M'BADOUMA
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