Datacenters : la course à la souveraineté
La fièvre des datacenters gagne l’Afrique australe. L’Afrique du Sud, qui héberge déjà plus de 50 centres de données, dispose d’un pipeline d’investissement d’environ 50 milliards de rands (1 600 milliards FCFA) pour les trois prochaines années. Le marché des centres de données cloud y est valorisé à 2,2 milliards de dollars (1 320 milliards FCFA), porté par les exigences de la loi POPIA sur la protection des données et la transition vers le cloud hybride.
Le géant américain Microsoft prévoit d’investir 330 millions de dollars (198 milliards FCFA) en Afrique du Sud d’ici fin 2027 pour étendre ses capacités cloud et IA. Une annonce qui s’inscrit dans un mouvement plus large : la capacité active des datacenters sur le continent s’établit à 360 MW, avec 238 MW en construction et 656 MW planifiés. L’objectif affiché est de doubler la puissance installée d’ici 2030. Pourtant, l’Afrique ne représente encore que 0,6 % de la capacité mondiale de stockage de données.
Le Botswana ne reste pas en marge : le pays a annoncé l’ouverture imminente du centre de données Digital Delta à Gaborone, une installation ultramoderne destinée à héberger des services cloud critiques pour les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’administration publique. Le Botswana a par ailleurs lancé son premier satellite, BOTSAT-1, et se classe sixième en Afrique dans l’indice de développement des TIC de l’UIT avec un score de 82,1 sur 100, affichant un taux de pénétration d’Internet de 81,4 %.
La Namibie a inscrit la création d’un Centre national de données au cœur de son sixième plan de développement national (NDP6), qui court jusqu’en 2030, afin d’héberger sécuritairement les données gouvernementales. Le Mozambique a également annoncé son intention de créer des datacenters domestiques dans les cinq prochaines années, permettant aux banques et entreprises d’héberger leurs services cloud en toute sécurité.
MARCELLIN KWABUSHIELE
- MARCELLIN KWABUSHIELE
- MARCELLIN KWABUSHIELE
- MARCELLIN KWABUSHIELE
