Mobile et 5G : le Sud du continent à la conquête du haut débit
JADE JOHANNESBURG – PAR MARCELLIN KWABUSHIELE
L’Afrique australe vit une mutation numérique sans précédent. Avec 127 millions de connexions mobiles recensées en Afrique du Sud fin 2025, soit 196 % de la population totale, la région affiche des taux de pénétration parmi les plus élevés du continent. Un phénomène qui traduit le multi-équipement généralisé des Sud-Africains, mais aussi l’essor d’une économie toujours plus connectée.
À l’échelle de la sous-région, 73 % de la population utilise désormais un smartphone, selon la GSMA. Ce chiffre pourrait encore s’accroître grâce à des réformes fiscales ciblées : la suppression de la taxe d’accise de 9 % sur les smartphones d’entrée de gamme en Afrique du Sud illustre la volonté politique d’abaisser les barrières à l’appropriation numérique.
Côté performances, l’Afrique du Sud affiche une vitesse médiane de téléchargement mobile de 66,15 Mbps (en hausse de 27,3 % sur un an) et de 48,26 Mbps pour le fixe. Ces infrastructures soutiennent l’émergence de la 5G, même si le chemin reste long : en Afrique subsaharienne, la 5G ne représente encore que 1,2 % des connexions mobiles. Les opérateurs ont pourtant investi 28 milliards de dollars (16 800 milliards FCFA) dans l’extension des réseaux ces cinq dernières années. Les perspectives sont prometteuses : 28 % des abonnements mobiles devraient basculer vers la 5G d’ici 2031.
La Namibie a emboîté le pas : son plus grand opérateur, MTC, a lancé la 5G en août 2025 à Windhoek, Swakopmund, Walvis Bay et Ongwediva, avant une extension nationale. L’opérateur souligne que cette technologie est essentielle pour propulser la numérisation dans l’Internet des objets, la cybersécurité, le cloud et les paiements. La Namibie vise à devenir un « facilitateur d’une économie numérique intelligente » d’ici 2030.
À l’échelle continentale, la contribution des technologies mobiles à l’économie a atteint 240 milliards de dollars (144 000 milliards FCFA) en 2025 (7,8 % du PIB) et devrait culminer à 290 milliards de dollars (174 000 milliards FCFA) d’ici 2030. Un moteur de croissance que l’Afrique australe compte bien actionner à plein régime.
MARCELLIN KWABUSHIELE
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