Parmesh Shah (Banque mondiale) : « Les données agricoles peuvent augmenter la productivité de 20 à 40 % »
Responsable mondial pour l’agriculture numérique, les données et l’innovation à la Banque mondiale, Parmesh Shah observe une transformation silencieuse mais profonde des campagnes africaines. Selon lui, le numérique n’est pas un luxe mais un levier essentiel pour la sécurité alimentaire et l’emploi.
« Sept pays ont investi dans des registres numériques d’agriculteurs et ont enregistré tous leurs agriculteurs sur la plateforme numérique », souligne-t-il. Ces pays progressent dans la fourniture de « services météorologiques, de données de qualité et de conseils aux agriculteurs, et dans la numérisation des données agroalimentaires ».

Les résultats concrets commencent à émerger. À propos de l’Éthiopie, Shah indique qu’« un grand nombre d’agriculteurs reçoivent des conseils basés sur les données climatiques et météorologiques et mettent en œuvre des solutions basées sur ces conseils, ce qui a conduit à une augmentation de 20 % de la productivité dans les premières étapes ». Il estime même que « si toutes les solutions et tous les investissements conçus sont mis en œuvre, nous pouvons nous attendre à une augmentation de 30 à 40 % de la productivité ».
Shah insiste sur l’importance d’investir dans les données relatives « aux agriculteurs, aux exploitations, aux sols, au climat et à la météo ». Il salue les initiatives comme la feuille de route quinquennale de l’Éthiopie pour l’agriculture numérique et la numérisation de toutes ses données pédologiques. Pour lui, ces investissements sont « essentiels pour améliorer la fertilité des sols, freiner la faim et renforcer la résilience climatique en Afrique ». Avec 70 à 80 % de l’emploi rural encore lié à l’agriculture, le numérique apparaît comme un levier incontournable pour réveiller « un géant endormi ».
